‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 121 sur 271 · LES DEUX PAYSANS ET LE NUAGE · texte numérisé non relu

LES DEUX PAYSANS ET LE NUAGE

Guillot, disait un jour Lucas Dune voix triste et lamentable,

Ne vois-tu pas venir là-bas Ce gros nuage noir? C'est la marque effroyable Du plus grand des malheurs. Pourquoi? répond Guillot. — Pourquoi? Regarde donc; ou je ne suis qu'un sot,

Ou ce nuage est de la grêle Qui va tout abîmer, vigne, avoine, froment;

Toute la récolte nouvelle

Sera détruite en un moment.

Il ne restera rien, le village en ruine

Dans trois mois aura la famine, Puis la peste viendra, puis nous périrons tous. La peste! dit Guillot : doucement, calmez-vous;

Je ne vois point cela, compère :

Et, s'il faut vous parler selon mon sentiment,

C'est que je vois tout le contraire ;

Car ce nuage, assurément,

Page 1