LIVRE I. FABLE VIII
Nous voilà citoyens de la mer orageuse; Regarde : on ne voit plus que les eaux et le ciel,
Les arbres sont cachés sous Fonde ;
Nous sommes les maîtres du monde:
C'est le déluge universel.
— Ne croyez pas cela, répond la vieille mère ; Pour que l'eau se retire il ne faut qu'un instant; Ne vous éloignez point, et, de peur d'accident, Suivez, suivez toujours le fond de la rivière.
— Bah ! disent les poissons, tu répètes toujours
Mêmes discours.
Adieu, nous allons voir notre nouveau domaine. Parlant ainsi, nos étourdis Sortent tous du lit de la Seine M , Et s'en vont dans les eaux qui couvrent le pays. Qu'arriva-t-il ? Les eaux se retirèrent, Et les carpillons demeurèrent; Bientôt ils furent pris Et frits.
Pourquoi quittaient-ils la rivière?
Pourquoi ? Je le sais trop, hélas !
C'est qu'on se croit toujours plus sage que sa mère, C'est qu'on veut sortir de sa sphère fs , C'est que... c'est que... Je ne finirais pas.
vin