‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 147 sur 271 · LIVRE V, FABLE XYH · texte numérisé non relu

LIVRE V, FABLE XYH

Les panneaux, les furets abrègent notre vie,

Raison de plus pour en jouir.

Du moins, par l'amitié, l'amour et le plaisir, Autant quelle a duré, nous l'avons embellie:

Telle est notre philosophie.

Si cela vous convient, demeurez avec nous,

Et soyez de la colonie ; Sinon, faites l'honneur à notre compagnie

D'accepter à dîner, puis retournez chez vous.

A ce discours plein de sagesse, Le hérisson repart qu'il serait trop heureux

De passer ses jours avec eux.

Alors chaque lapin s'empresse

D'imiter l'honnête doyen

Et de lui faire politesse.

Jusques au soir tout alla bien ; Mais lorsqu'après souper la troupe réunie Se mit à deviser des affaires du temps,

Le hérisson, de ses piquants Blesse un jeune lapin. Doucement, je vous prie,

Lui dit le père de l'enfant.

Le hérisson, se retournant, En pique deux, puis trois, et puis un quatrième. On murmure, on se fâche, on l'entoure en grondant. Messieurs, s'écrie-t-il, mon regret est extrême; H faut me le passer, je suis ainsi bâti.

Et je ne puis pas me refondre. Ma foi, dit le doyen, en ce cas, mon ami,

Tu peux aller te faire tondre.

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