‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 163 sur 271 · LÀ RONGE ET LE JARDINIER · texte numérisé non relu

LÀ RONGE ET LE JARDINIER

Que l'on jure la mort du traître.

Chacun veut être son bourreau.

L'assassin l'entendit et trembla pour sa peau.

Les vœux sont enfants de la crainte; Il en fit un. S'il sort de ce danger, De la faim la plus rude éprouvât-il l'atteinte, Il renonce aux oiseaux, n'en veut jamais manger ; En atteste les dieux en leur demandant grâce; Et comme si c'était reflet de son serment,

Le maître oublia sa menace

Et se calma dans le moment.

Le Raminagrabis échappé de l'orage, Trouva deux jours après une chauve-souris.

Qu'en fera-t-il? Son vœu l'avertit d'être sage; Son appétit glouton n'est pas du même avis.

Grand combat ! embarras étrange !

Le chat décide enfin. Tu passeras, ma foi, Dit-il ; en tant qu'oiseau, je ne veux rien de toi,

Hais comme souris je te mange.

Le ciel peut-il s'en fâcher? Non,

Se répondait le bon apôtre.

Son casuiste, c'est le nôtre :

L'intérêt, qui d'un mot se fait une raison.

Ce qu'on se défend sous un nom,

On se le permet sous un autre.

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