‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 174 sur 271 · ÔJ LE LYNX ET LA TAUPE · texte numérisé non relu

ÔJ LE LYNX ET LA TAUPE

Il ne t'en coûtera le repos ni le somme,

Tu l'auras sans difficulté.

Mais par mille projets je te vois agité,

Tes désirs n'ont point de limites, Toutes fortunes sont à ton gré trop petites, Tu veux tout, tout échappe à ton avidité.

Belles leçons ! mais l'homme y bâille.

Que faire pour le réveiller?

Or, voici comme j'y travaille : Je lui conte une fable, il cesse de bâiller.

Un jeune enfant, je le tiens d'Épictète 1 ,

Moitié gourmand et moitié sot,

Mit un jour sa main dans un pot Où logeait mainte figue avec mainte noisette. Il en emplit sa main tant qu'elle en peut tenir, Puis veut la retirer, mais l'ouverture étroite

Ne la laisse point revenir.

H n'y sait que pleurer ; en plainte il se consomme ; Il voulait tout avoir et ne le pouvait pas.

Quelqu'un lui dit (et je le dis à l'homme) :

N'en prends que la moitié, mon enfant, tu l'auras.

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