L'ÉLÉPHANT BLANC
Dans certains pays de l'Asie
On révère les éléphants, Surtout les blancs **.
Un palais est leur écurie,
On les sert dans des vases d'or, Tout homme à leur aspect s'incline vers la terre,
Et les peuples se font la guerre
Pour s'enlever ce beau trésor.
Un de ces éléphants, grand penseur, bonne tête, Voulut savoir un jour d'un de ses conducteurs
Ce qui lui valait tant d'honneurs, Puisqu'au fond, comme un autre, il n'était qu'une bête. Ah! répond le cornac, c'est trop d'humilité 45 ;
L'on connaît votre dignité, Et toute l'Inde sait qu'au sortir de la vie 48 Les âmes des héros qu'a chéris la patrie
S'en vont habiter quelque temps
Dans les corps des éléphants blancs.
Nos talapoins l'ont dit, ainsi la chose est sûre 47 . — Quoi ! vous nous croyez des héros ?
— Sans doute. — Et sans cela nous serions en repos, Jouissant dans les bois des biens de la nature?
— Oui, seigneur. — Mon ami, laisse-moi partir,
Car on ta trompé, je t'assure ;
Le Lierre et le Thym