LIVRE I. FABLE XV
Et si tu veux y réfléchir,
Tu verras bientôt l'imposture.
Nous sommes fiers et caressants ;
Modérés, quoique tout-puissants ;
On ne nous voit point faire injure À plus faible que nous ; l'amour dans notre cœur
Reçoit des lois de la pudeur 48 ;
Malgré la faveur où nous sommes, Les honneurs n'ont jamais altéré nos vertus.
Quelles preuves faut-il de plus?
Comment nous croyez-vous des hommes?
Lt LIERRE ET LE THYM M - M
Que je te plains, petite plante !
Disait un jour le lierre au thym :
Toujours ramper, c'est ton destin ;
Ta tige chétive et tremblante Sort à peine de terre, et la mienne dans l'air, Unie au chêne altier que chérit Jupiter 81 - 5 *,
S'élance avec lui dans la nue.
Il est vrai, dit le thym, ta hauteur m'est connue; Je ne puis sur ce point disputer avec toi :
Mais je me soutiens par moi-môme; Et sans cet arbre, appui de ta faiblesse extrême,
Tu ramperais plus bas que moi.
Traducteurs, éditeurs, faiseurs de commentaires, Qui nous parlez toujours de grec ou de latin
Dans vos discours préliminaires, * Retenez ce que dit le thym.