‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 184 sur 271 · LA CHENILLE ET LA FOURMI · texte numérisé non relu

LA CHENILLE ET LA FOURMI

Celui qui ne sait pas instruire.

Tout citoyen doit servir son pays :

Le soldat de son sang, le prêtre de son zèle; Le juge maintient Tordre, il sauve les petits

Nature a voulu mettre un peu plus de façon.

Je vais, je viens d'une jambe légère; Je... Mais c'est trop jaser pour une ménagère; Adieu, l'ami rampant : je cours à la moisson.

L'humble chenille est muette à l'outrage, S'enferme dans sa coque, y vaque à son ouvrage,

Puis, au moment qu'elle en devait sortir, L'orgueilleuse fourmi par cet endroit repasse ; Le ver sort papillon. — Arrête un peu, de grâce, , Dit-il à la fourmi ; je voudrais t'averlir Qu'il ne faut mépriser personne :

Le méprisé prend quelquefois l'essor :

Tel qu'il rampait s'élève et nous étonne.

Me voilà dans les airs, et tu rampes encor.

En présence étaient deux armées, Qui, d'un courage égal toutes deux animées, Différaient seulement de force et de secours. Un long rang d'éléphants qui, sur de hautes tours, De soldats bons archers portait mainte cohorte,

Servait à l'une de rempart.

L'autre armée est plus faible, et n'a contre la forte

Que bon courage pour sa part.

L'instant fatal arrive; on a sonné la charge;

Les éléphants de se mouvoir,

Et les traits mortels de pleuvoir.

Quelque temps on tient ferme, et puis on prend le large. Partout devant les tours les escadrons pliaient ; La Victoire déjà de son aile d'vine

Couvrait la troupe éléphantine ; Et les monstres, vainqueurs, jusqu'au ciel envoyaient Mille cris dont au loin les échos s'effrayaient.

Par bonheur un essaim de mouches Eut pitié des vaincus ; prit en aversion

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