‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 213 sur 271 · LE PATRIARCHE · texte numérisé non relu

LE PATRIARCHE

Au monde qu'il fuyait voulait rendre odieux De la société les liens précieux.

On la laisse attaquer cet homme en sa retraite. Quoiqu'il fût jeune encore, à peine on le regrette; A peine on s'aperçoit qu'il a quitté ces lieux.

Enfin, précipitant sa marche, La Mort, la Mort arrive au lit du patriarche. La cruelle d'abord fixa ses yeux jaloux

Sur ce vieil habitant du monde, Victime tant de fois échappée à ses coups.

Autour de lui régnait une douleur profonde; Enfants, amis, valets que ses soins généreux

Traitaient en amis malheureux, Tous pleuraient, tous semblaient pleurer entre eux un

[père.

La Mort allait frapper une tête si chère, Mille cris un instant suspendent son courroux ; Un instant seulement ; et l'affreuse déesse, Sous ses doigts décharnés pressant ce faible corps,

Usé, flétri par la vieillesse, Achève d'en briser les fragiles ressorts.

Quoiqu'on eût dès longtemps dû prévoir ses atteintes, Malgré le poids des ans, malgré la loi du fort

Qui nous soumet tous à la mort ; Les cœurs sur ce vieillard s'ouvrent encore aux plaintes, La sagesse après soi laisse un long souvenir. On plaignit ses enfants, on pleura son grand âge ! Q avait de ses jours fait un si bel usage !

Ces hommes, disait-on, ne devraient pas mourir.

tommes. On donne ce nom aux personnes qui fuient la société hu* tnaine, soit par humeur, soit par d'autres raisons»

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