‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 224 sur 271 · LE MERLE · texte numérisé non relu

LE MERLE

D'un bois fort écarté les divers habitants, Animaux, la plupart sauvages, malfaisants,

De l'homme ignoraient l'existence.

Nos semblables jamais ne pénétrèrent là.

Un merle 1 en un couvent élevé dès l'enfance, En voyageant au loin, parvint chez ces gens-là. Il était beau parleur, et sortait d'une cage OU merle de tous temps apprit à s'énoncer

En jeune oiseau dévot et sage.

Son zèle dans ce bois eut de quoi s'exercer.

Éclairons, disait-il, nos frères misérables; Tout merle à ce devoir par état engagé, Plus éclairé, plus saint, doit prêcher ses semblables. Un jour donc notre oiseau, sur un arbre perché,

1 Certain fils de Vénus, Cupidon, qui présidait à la volupté.

* Merle, oiseau commun, dont le chant est naturellement agréable, et qui apprend à siffler. Son plumage est noir, et son bec jaune. De là vient le proverbe du merle blanc qu'on suppose impossible i trouver.

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