‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 231 sur 271 · LA POULE ET I E POULET · texte numérisé non relu

LA POULE ET I E POULET

Ha mère, en vérité, me paraît singulière

D'affecter un ton si chagrin, Pour un peu de bon temps que j'ai pris ce matin. Franchement son humeur est parfois tracassière : Mais je la laisse dire, et vais toujours mon train. Le fripon paya cher son naturel mutin :

Un soir trompant l'œil de la poule,

(Elle avait des petits en foule)

Le pauvret sautant comme un fou, Voletant, culbutant, trottant sans savoir où,

Du poulailler gagna la porte.

Houflar dormait. Un renard était là,

Priant les dieux de faire en sorte Que le mâtin dormît toute cette nuit-là.

Il aperçut l'imprudente volaille.

Oh! oh! dit il, ceci vaut encor mieux :

Sire Jupin amène ici cette canaille :

Ce que c'est que d'être pieux !

Il dit, et du poulet ne fit qu'une bouchée.

lie mâtin s éveilla trop tard.

De vous dire à quel point la poule en fut touchée,

Quand j'emploirais tous les pinceaux de l'art, Sa douleur ne serait encore qu'ébauchée.

nature ! à ta voix pourquoi sommes-nous sourds ? Soins d'un cœur que l'amour tient agité sans cesse, Flambeaux devant nos pas portés par la tendresse, A combien de dangers vos généreux secours*

Arracheraient notre jeunesse, Si dans ce temps d'erreurs nous vous suivions toujours !

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