LA GUENON
Certaine guenon S fière et mordante à l'excès, Du matin jusqu'au soir glosait sur ses pareilles : L'une avait tout au plus des ébauches de traits ; Et pour quelque jeunesse et des yeux fort coquets. Elle prétendait être une des sept merveilles.
Deux grands yeux qui ne disaient rien
Sortaient à l'autre de la tête ; Son regard toujours fixe annonçait une bête.
Telle autre croyait marcher bien, Qui mesurait ses pas comme une précieuse.
Dame Guenon la radoteuse
Était difficile, entre nous :
Hais voulez-vous savoir d'où venaient ses dégoûts ? Elle était à la fois vieille, louche et boiteuse.
Gomment donc, me dira quelque censeur malin, Comptez-vous empêcher une femme, une fille,
De babiller sur le prochain ?
Non ; je sais bien qu'il faut que ce sexe babille : Hais je voudrais du moins que ce qui manque en lui, Il ne l'imputât pas à défaut dans autrui.