‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 232 sur 271 · LA GUENON · texte numérisé non relu

LA GUENON

Certaine guenon S fière et mordante à l'excès, Du matin jusqu'au soir glosait sur ses pareilles : L'une avait tout au plus des ébauches de traits ; Et pour quelque jeunesse et des yeux fort coquets. Elle prétendait être une des sept merveilles.

Deux grands yeux qui ne disaient rien

Sortaient à l'autre de la tête ; Son regard toujours fixe annonçait une bête.

Telle autre croyait marcher bien, Qui mesurait ses pas comme une précieuse.

Dame Guenon la radoteuse

Était difficile, entre nous :

Hais voulez-vous savoir d'où venaient ses dégoûts ? Elle était à la fois vieille, louche et boiteuse.

Gomment donc, me dira quelque censeur malin, Comptez-vous empêcher une femme, une fille,

De babiller sur le prochain ?

Non ; je sais bien qu'il faut que ce sexe babille : Hais je voudrais du moins que ce qui manque en lui, Il ne l'imputât pas à défaut dans autrui.

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