‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 247 sur 271 · LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS · texte numérisé non relu

LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS

Se brisant tout à coup, inondèrent les champs.

Jupiter ! arrête ! et suspens cette pluie !

Qui va faire couler nos vins !

Ne permets pas, grand Dieu ! que Pomone nous fuie, En voyant ses trésors s'écouler de nos mains ! Ces cris ont désarmé le maître des humains.

11 parle, l'air se calme, Atlas 1 mouillé s'essuie; Le zéphyre revient habiter les jardins, Et ramène Pomone encor toute éperdue ; De rayons entourés, et secouant leurs crins, Les coursiers du Soleil* ont pénétré la nue;

Les cieux sont devenus sereins.

Mais, ô de l'homme ingrat vœux indiscrets et vains! La paix sur l'horizon' â peine est descendue, A peine quatre fois aux célestes pourpris 4 , L'homme a-t-il vu briller les rayons salutaire*

De Tardent amant de Thétis, Que de ses cris encor les dieux sont étourdis* Tels étaient des mortels les discours téméraires i

Bientôt la triste aridité

Régnera seule sur nos plaines.

Le soleil va tarir les ruisseaux, les fontaines; Nous allons être en proie à la stérilité.

1 Atlas, géant fila de Jupiter et de Climêne. Jupiter lui donna M commission de soutenir le ciel sur ses épaules.

* Les coursiers du soleil. Ils étaient quatre, Éthon, l'iroïs, Eoûs et Phlégon.

* L'horizon. C'est la ligne qui borne la partie de la terre que nous voyons autour de nous, et qui la divise de celle que nous ne ▼oyons pas.

4 Célestes pourpris, c'est-à-dire le ciel. Pourpris est Un vieux mot qui signifie une enceinte, un enclos, ou plutôt ce qui le formé et qui sert i fermer un espace.

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