LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS
Parler de pluie et de beau temps,
C'est avoir peu de chose à dire.
Il faut bien, pour forcer cette race à s'instruire, De quelques contes bleus amuser les enfants ; Il faut, si la raison veut corriger les gens,
Qu'avec eux elle apprenne à rire.
Les hommes sont encore enfants à soixante ans. Essayons toutefois d'ennoblir la matière.
De la Fontaine imitons l'Apollon,
Tantôt adoucissant son ton, Tantôt chantant d'une voix mâle et fière.
Tels que d'avides conquérants, Qu'on voit sortir du Nord pour ravager le monde, Des fils d'Éole 1 un jour les escadrons errants,
Après avoir soulevé l'onde, Et présenté la mort aux matelots tremblants, Étendirent au loin leur course vagabonde.
Des airs impétueux tyrans,
Précurseurs fougueux des orages,
Ils assemblèrent les nuages; Qui pressés dans leur choc par ces esprits puissants,
: * Éole, dieu des Tente, et fils de Jupiter. Les poètes le font père de l'Aquilon.