‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 249 sur 271 · LE LABOUREUR ET LÀ TERRE · texte numérisé non relu

LE LABOUREUR ET LÀ TERRE

Elle s'en va sautant parmi les prés fleuris, Foule gaiement l'émail de l'herbe printanière,

Et gagne à grands pas le logis. Du gain qu'elle avait fait la commère était fière ; ' Les dieux, chemin faisant, par elle en sont bénis.

Quand à l'instant un horrible nuage, Grevant de toutes parts, inonde tous ces lieux, Javote était encore fort loin de son village. Point d'endroit pour se mettre à l'abri de l'orage :

Que faire ? Elle maudit les dieux

Qu'elle bénissait tout à l'heure ;

Et contre eux jurant de son mieux, À grand'peine la dame arrive en sa demeure,

Le plus léger dommage a bientôt ralenti Toute dévote ardeur que le bonheur fait naître.

S'en prendre au ciel est un mauvais parti :

Que nous en revient-il ? Jupiter est un maître Qui jamais avec nous n'en a le démenti.

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