‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 257 sur 271 · LE MOINEAU ET LE PINSON · texte numérisé non relu

LE MOINEAU ET LE PINSON

On voyait sur son front régner la majesté,

Et les ris voler autour d'elle.

C'était Junon 1 , Minerve et Vénus à la fois;

C'était mille traits admirables :

Près d'elle l'amour-propre avait perdu ses droits : Elle était belle aux yeux de ses semblables.

Forcé de faire cet aveu, Le sexe se vengea des attraits de la dame.

11 mit ses mœurs et son esprit en jeu,

Fit contre elle mainte épigramme :

Que c'était une bonne femme; Hais qui, sans y songer, se respectait trop peu;

Qu'on parlait d'elle en plus d'un lieu ;

Que ceux qui lui rendaient hommage

N'étaient rien moins que des Catons ;

Qu'elle avait un ton, un langage, Propre à justifier les plus malins soupçons.

Que saisie? Son corset, ses rubans, sa coiffure,

Jusqu'aux tresses de son chignon,

Tout fut sujet à la censure.

Femmes, elle plaisait ; et plaire est une injure Qui jamais n'a chez vous obtenu de pardon.

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