‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 264 sur 271 · LE MOINEAU, LE LIMAÇON, LE LIS ET LA FOURMI · texte numérisé non relu

LE MOINEAU, LE LIMAÇON, LE LIS ET LA FOURMI

Un passereau, grand comme père et mère, Volait partout en pleine liberté.

Un limaçon l qui se traînait à terre, Riait tout bas de ce jeune éventé.

Un lis * superbe, ornement d'un parterre, Du limaçon riait de son côté.

Mais lis et limaçon ont-ils jamais su rire,

Dira maint censeur aussitôt?

Eh bien, ils se moquaient, messieurs, si c'est mieux dire :

Faut-il chicaner sur un mot ?

L'oiseau semblait à la bête rampante, Bien imprudent de s'élever si haut.

Le lis vopit cheminer l'escargot, Et lui trouvait l'allure un peu bien lente.

Lui, marcher ! c'est un idiot.

Hé ! notre ami, dites-nous, je vous prie,

Comptez-vous arriver bientôt?

Pour moi je n'ai pas la folie

D'aller ainsi courir les champs.

Je brille, sans bouger, sur ma tige fleurie.

Le ciel aux limaçons donna peu de bon sens!

L'escargot raillé de la sorte, Ne tenait pas de plus sages propos :

Il fallait que chez les oiseaux

L'ardeur de voler fût bien forte !

Ils font pitié, tant ils sont imprudents :

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