‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 6 sur 271 · LE ROI ET LES DEUX BERGERS · texte numérisé non relu

LE ROI ET LES DEUX BERGERS

Certain monarque un jour déplorait sa misère,

Et se lamentait d'être roi :

Quel pénible métier! disait-il ; sur la terre Est-il un seul mortel contredit comme moi?

Je voudrais vivre en paix, on me force à la guerre; Je chéris mes sujets, et je mets des impôts ; J'aime la vérité, Ton me trompe sans cesse;

Mon peuple est accablé de maux,

Je suis consumé de tristesse :

Partout je cherche des avis, Je prends tous les moyens, inutile est ma peine;

Plus j'en fais, moins je réussis.

Notre monarque alors aperçoit dans la plaine Un troupeau de moutons maigres, de près tondus, Les brebis sans agneaux, des agneaux sans leurs mères.

Dispersés, bêlants, éperdus, Et des béliers sans force errant dans les bruyères •. Leur conducteur Guillot allait, venait, courait, Tantôt à ce mouton qui gagne la forêt, Tantôt à cet agneau qui demeure derrière ,0 ,

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