‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 7 sur 271 · LIVRE I. FABLE m · texte numérisé non relu

LIVRE I. FABLE m

Puis à sa brebis la plus chère ;

Et tandis qu'il est d'un côté, Un loup prend un mouton qu'il emporte bien vite.

Le berger court, l'agneau qu'il quitte

Par une louve est emporté.

Guillot tout haletant s'arrête, S'arrache les cheveux, ne sait plus ou courir,

Et de son poing frappant sa tête,

Il demande au ciel de mourir.

Voilà bien ma fidèle image !

S'écria le monarque ; et les pauvres bergers, Gomme nous autres rois, entourés de dangers,

N'ont pas un plus doux esclavage :

Cela console un peu. Comme il disait ces mots, Il découvre en un pré le plus beau des troupeaux, Des moutons gras, nombreux, pouvant marcher à peine,

Tant leur riche toison les gène, Des béliers grands et fiers, tous en ordre paissants, Des brebis fléchissant sous le poids de la laine,

Et de qui la mamelle pleine Fait accourir de loin les agneaux bondissants. Leur berger, mollement étendu sous un hêtre,

Faisant des vers pour son Iris 11 , Les chantait doucement aux échos attendris, Et puis répétait l'air sur son hautbois champêtre. Le roi tout étonné disait : Ce beau troupeau Sera bientôt détruit; les loups ne craignent guère Les pasteurs amoureux qui chantent leur bergère ; On les écarte mal avec un chalumeau.

Ah ! comme je rirais !... Dans l'instant le loup passe ! *.

Comme pour lui faire plaisir ; Mais à peine il parait, que, prompt à le saisir,

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