‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 72 sur 271 · LE8 DEUX BACHELIERS · texte numérisé non relu

LE8 DEUX BACHELIERS

Deux jeunes bacheliers logés chez un docteur

Y travaillaient avec ardeur A se mettre en état de prendre leurs licences. Là, du matin au soir, en public disputant,

Prouvant, divisant, ergotant' 8

Sur la nature et ses substances, L'infini, le fini, l'âme, la volonté, Les sens, le libre arbitre et la nécessité, Ils en étaient bientôt à ne plus se comprendre :

Même par là souvent Ton dit qu'ils commençaient;

Mais c'est alors qu'ils se poussaient Les plus beaux arguments ; qui venait les entendre

Bouche béante demeurait, Et leur professeur môme en extase admirait.

Une nuit qu'ils dormaient dans le grenier du maître Sur un grabat commun, voilà mes jeunes gens

Qui, dans un rêve, pensent être

A se disputer sur les bancs* le démontre, dit l'un. Je distingue, dit l'autre. Or, voici mon dilemme. Ergo, voici le nôtre...** À ces mots, nos rêveurs, criants, gesticulants, Au lieu de s'en tenir aux simples arguments D'Aristote ou de Scot, soutiennent leur dilemme 45 - 86

De coups de poing bien assénés Sur le nez

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