‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 81 sur 271 · LIVRE III. FABLE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE III. FABLE XIV

L'hermine la première avance un peu la patte ;

Elle la retire aussitôt,

En arrière elle fait un saut, En disant : Mes amis, fuyons en grande hâte; Ce lieu, tout beau qu'il est, ne peut nous convenir : Pour arriver là-bas il faudrait se salir ;

Et moi je suis si délicate,

Qu'une tache me fait mourir.

Ma sœur, dit le castor, un peu de patience ; On peut, sans se tacher, quelquefois réussir : 11 faut alors du temps et de l'intelligence : Nous avons tout cela : pour moi, qui suis maçon, Je vais en quinze jours vous bâtir un beau pont Sur lequel nous pourrons, sans craindre les morsures De ces vilains serpents, sans gâter nos fourrures, Arriver au milieu de ce charmant vallon.

Quinze jours ! ce terma est bien long, Répond le sanglier : moi, j'y serai plus vite : Vous allez voir comment. En prononçant ces mots,

Le voilà qui se précipite Au plus fort du bourbier, s'y plonge jusqu'au dos, A travers les serpents, les lézards, les crapauds, Marche, pousse à son but, arrive plein de boue,

Et là, tandis qu'il se secoue, Jetant à ses amis un regard de dédain, Apprenez, leur dit-il, comme on fait son chemin.

LA BALANCE DE Ml NOS 47

Minos, ne pouvant plus suffire Au fatigant métier d'entendre et de juger

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