‹ Fables de Florian (volume 2)Chapitre 98 sur 271 · LIVRE IV. FABLE III · texte numérisé non relu

LIVRE IV. FABLE III

Si je pouvais monter jusqu'aux lieux où vous êtes, Oh ! j'y serais déjà, soyez-en bien certain.

Les écureuils ne sont pas bêtes,

Et le mien était fort malin.

Il reconnaît le patelin 10 , Et répond d'un ton doux : Je meurs d'impatience

De vous embrasser, mon cousin; Je descends : mais, pour mieux lier la connaissance, Je veux vous présenter mon plus fidèle ami, Un parent qui prit soin de nourrir mon enfance ; Il dort dans ce trou-là : frappez un peu ; je pense Que vous serez charmé de le connaître aussi.

Aussitôt maître renard frappe, Croyant en manger deux : mais le fidèle chien

S'élance de l'arbre, le happe,

Et vous l'étrangle bel et bien.

Ceci prouve deux points : d'abord, qu'il est utile

Dans la douce amitié de placer son bonheur;

Puis, qu'avec de l'esprit, il est souvent facile

Au piège qu'il nous tend de surprendre un trompeur 11 .

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