‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 100 sur 160 · II. L'Écureuil , le Chien et le Renard · texte numérisé non relu

II. L'Écureuil , le Chien et le Renard

Un gentil écureuil était le camarade,

Le tendre ami d'un beau danois '.

Un jour qu'ils voyageaient comme Oreste et Pylade %

La nuit les surprit dans un bois.

En ce lieu point d'auberge; ils eurent de la peine

A trouver où se bien coucher.

Enfin le chien se mit dans le creux d'un \ieux chêne, El lecureuil plus haut grimpa pour se nicher.

Vers minuit, c'est Ihfure des crimes,

Longtemps après que nos amis, En se disant bonsoir, se furent endormis, Voici qu'un vieux renard, afl'amé de victimes. Arrive au pied de l'arbre, et, lovant le museau,

Voit lecureuil sur un rameau.

11 le mange des yeux, humecte de sa langue Ses lèvres, qui de sang brûlent de sabreuver. Mais jusqu'à l'écureud il ne peut arriver;

Il faut donc, par une harangue, L'engager à descendre; et voici son discours :

« Ami, pardonnez, je vous prie, Si de votre sommeil j'ose troubler le cours; Mais le pieux transport dont mon âme est remplie Ne peut se contenir : je suis votre cousin

Germain ; Votre mère éluit .-œur de feu mon digne père. Cet honnête homme, hélas! à son heure dernière, M'a tant recommandé de chercher son neveu.

Pour lui donner moitié du peu Qu'il m'a laissé de bien 1 Venez donc, mon cher frère,

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