LIVRE IV, FABLE XIII
Pourquoi pas? Altends-moi... » La sarcelle le quitte^-
Et revicnl traînant un vieux nid Laissé par des canards; elle l'emplit bien vite De feuilles de roseau, les presse, les unit Des pieds, du bec, en forme un batelet capable
De supporter un lourd fardeau ;
Puis elle attache à ce vaisseau Un brin do jonc qui servira de câble.
Cela fait, et le bâtiment Mis à l'eau, le lapin entre tout doucement Dans le léger esquif, s'assied sur son derriorg, Tandis que devant lui la sarcelle nageant Tire le brin de jonc, et s'en va dirigeant
Celte nef à son cœur si chère.
On aborde , on débarque , et jugez du plaisir !
Non loin du port on va choisir Un asile où , coulant des jours dignes d'envie ,
Nos bons amis, libres , heureux ,
Aimèrent d'autant plus la vie.
Qu'ils se la devaient tous les deux.