V. L'Ane et la Flûte K
Les sots sont un peuple nombreux ,
Trouvant toutes choses faciles :
11 faut le leur passer; souvent ils sont heureux :
Grand motif de se croire habiles.
Un âne, en broutant ses chardons , Regardait un pasteur jouant, sous le feuillage,
D'une flûte dont les doux sms Attiraient et charmaient les bergers du bocage. Cet âne mécontent disait : « Ce monde est fou 1
Les voilà tous, bouche béante, Admirant un grand sot qui sue et se tourmente
A souffler dans un petit trou.
C'est par de tels efforts qu'on parvient à leur plaire; Tandis quemoi... Suffit... Allons-nous-en d'ici,
Car je me sens trop en colère. »
Notre âne , en raisonnant ainsi , Avance quelmies pas , lorsque , sur la fougère, Une flûte , oubliée en ces champêtres lieux
t. Imité d'iriarte.
IIG LIVRE V, FABLE V.
Par (juelque paslcur amoureux, Se trouve sous ses pieds. Notn une se redresse, Sur elle de côlé fixe ses deux <ros yeux ; Une oreille en avant, Icnten ent il se baisse, Applique son naseau sur le pauvre instrument, Etsouflle tant qu'il peut. 0 hasard incroyable»
Il en sort un son agréable.
L'âne se croit un grand talent, Et, tout joyeux, s'écrie, en faisant la culbute :
€ EÏi ! je joue aussi de la llùte' ! »
I. Floriaii parodie ici, en y faisant allusion, le mot du Corrége, qai s'écria à la vue d'une loile de Raphaël : « El moi aussi je suid [«intrC : son piltor anche t'û. »