‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 137 sur 160 · LIVRE V, FA'JLE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE V, FA'JLE VIII

YIU. Le petit Chien.

La vanité nous rend aussi dupes que sots.

Je me souviens, à ce propos, Qu'au temps jadis , après une sanglante guerre

Où, malgré les jiius beaux exploits,

Maint lion fut couclié par terre,

L'éléj)liant ré,-:na dans les bois.

Le vainqueur, politique habile.

Voulant prévenir désormais Jusqu'au moindre sujet de discorde civile, De ses vastes Étals exila i>oiir jamais La race des lions , son anoii'nne ennemie. L'édit fut proclamé. Les lions afTaihiis , Se soumettant au sort qui les avait trahis.

Abandonnent tous leur patrie.

Ils ne se plaignent pas, ils gardent dans leur cœur

Et leur courage et leur douleur.

Un bon vieux petit chien, de la charmante espèce De ceux qui vont portant jusqu'au milieu du dos

Une toison tombante à flots,

Exlialait ainsi sa tristesse :

9 II faut donc vous quitter, ô pénates chéris 1

Un barbare , à l'âge où je suis, M'oblige à renoncer aux lieux qui m'ont vu naître. Sans appui , sans secours , dans un pays nouveau , Je vais, les yeux en pleurs, demanier un tombeau

Qu'on me refusera peut-être.

0 tyran , tu le veux! allons, il faut partir. » Un barbet l'entendit ; touché de sa misère : « Quel motif, lui dit-il , peut l'obliger à fuir? — Ce qui m'y force? ô ciel I El cet édit sévère Qui nous chasse à jamais do col heureux canton?..

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