‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 138 sur 160 · IX. Le Léopard et l'Écureuil · texte numérisé non relu

IX. Le Léopard et l'Écureuil

Un écureuil sautant, gambadant sur un chêne , Manqua sa branche, et vint, par un triste hasard,

Tomber sur un vieux léopard

Qui faisait sa mériilienne'.

Vous jugez s'il eut peur! Ea sursaut s'éveillant,

L'animal irrite se dresse ;

Et l'écureuil, s'agenouillant, Tremble et se fait petit aux pieds de son altesse.

Après l'avoir considéré, Le léopard lui dit : « Je te donne la vie. Mais à condition que de toi je saurai Pourquoi cette gatté, ce bonheur que j'envie , Embellissent tes jours , ne te qiiit lent jamais ;

Tandis que moi , roi des forêts,

Je suis si triste et je m'ennuie.

— Sire, lui répond l'écurouil.

Je dois à votre bon accueil

La vérité ; mais, pour la dire, Sur cet arbre un peu haut je voudrais être assis.

— Soit, j'y consens; monte. — J'y suis. A présent jf peux vous instruire.

Mon grand secret pour être heureux

I Sommeil au milieu du jour. Les Iialiens l'appellent sieste. Ils fon' la sieâiepliiS suuvent que nous la méridienne.

120 I.IVIŒ V, FABLE IX.

C'est de vivre dans l'innoceiico • L'ignorance du mal l'ail louto ma ^oit'nce Mua cœur e^l toujours pur, cela rend bien joyeux. Vous ne connaissez pas la volupté suprômo De dormir sans remords; vous mani;ez les chevreuils, Tandis que je parlai^e il tous les écureuils Mes feuilles el mes fruits; vous haïssez, et j'aime : Tout est dans ces deux mots. Soyez bien convaincu De cette vérité, que je tiens de mon père : Lorsque notre bonheur nous vient de la vertu, La gaîté vient bientôt de notre caractère. »

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