‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 140 sur 160 · LIVRE V, FABLE X · texte numérisé non relu

LIVRE V, FABLE X

La paix et le bonheur habitent ma maisofi ; Je tâche d'être bonne , et mon époux est bon ;

Il sait m'aimer sans jalousie;

Je l'aime sans coquetterie :

Ainsi tout est plaisir, tout jusqu'à nos travaux; Nous ne désirons rien , sinon qu'un peu de pluie

Fasse pousser nos artichauts.

— C'est là toul? — Oui vraiment. — Tu sor-xs satisfaite, Dit le vieillard : demain je célèbre la fête De Jupiter; je lui dirai deux mots.

Adieu , ma fdle. — Adieu , mon père. » Le prêtre de ce pas s'en va chez la potière,

L'interroger, comme sa sœur,

Sur son mari, sur son bonheur.

« Oh! rt'ponfl celle-ci, dans mon petit ménage,

Le travail, l'amour, la santé,

Tout va fort bien en vérité; Nous ne pouvons suffire à la vente, à l'ouvrage: Notre unique désir serait que le soleil Nous montrât plus souvent son visage vermeil ,

Pour sécher notre poterie.

Vous, pontife du dieu de l'air, Obtenez-nous cela, mon père, je vous prie;

Parlez pour nous à Jupiter.

— Très-volontiers, ma chère amie :

Mais je ne sais comment accorder mes enfants :

Tu me demandes du beau temps,

Et ta sœur a besoin de pluie.

Ma foi , je me tairai , de peur d'être en défaut. Jupiter, mieux que nous , sait bien ce qu'il nous faut; Prétendre le guider serait folie extrême : Sachons prendre le temps comme il veut l'envoyer. L'homme est plus cher aux dieux qu'il ne l'est à lui-même:

Se soumettre , c'est les prier. >■

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