‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 24 sur 160 · LIVRE I, FABLE VIII. U · texte numérisé non relu

LIVRE I, FABLE VIII. U

Et les fontaines jaillissantes

Roulant leurs ondes bondissantes '

A côté des lits de brocart.

Près de ce beau palais, juste devant ' l'entrée, Une étroite chaumière, antique et délabrée, D'un pauvre tisserand était 1 humble réduit.

Là, content du petit produit D'un grand travail, sans clette et sans soucis péniblei ,

Le bon vieillard, libre, oublié,

Coulait des jours doux et paisibles,

Point envieux, point envié.

J'ai déjà dit que sa retraite

Masquait le devant du palais.

Le vizir veut d'abord, sans Forme de procès,

Qu'on abatte la maisonnette; Mais le calife veut que d'abord * on l'achète. 1! fallut obéi/ : on va chez l'ouvrier. On lui porte de l'or. « Non, gardez votre somme,

Répond doucement le pauvre homme ; '

Je n'ai besoin de rien avec mon atelier : Et, quant à ma maison^ je ne puis m'en défaire; C'est là que je suis né, c'est là qu'est mort mon père*;

Je prétends y mourir aussi.

Le calife, s'il veut, peut me chasser d'ici ;

11 peut détruire ma chaumière :

Mais, s'il le fait, il me verra ■Venir, chaque matin, sur la dernière pierre

1. Les fontaines jaillissantes, ou jets d'eau, alimentent desins siiis, elles ne roulent pas << d'ondes bondissante»,» comme les cs^ cades. Cette description pompeuse est inexacte.

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