I. Fable imitée du poète espagnol Iriarte
3. Il» se rapporte à défauts; le sens l'indique, mais la phrase n'est pas bien consti uitet
22 LIVRE I, FABI.E XVllI.
Fort étonnant et difficile à croire; Mais je l'ai vu : voici l'histoire.
Près d'un bois, le soir, à l'écart,
Dans une superbe prairie, Des lapins s'amusaient, sur Iherbette fleurie,
A jouer au culin-maillani.
Des lapins ! direz-vous , la chose est impossible. Rien n est plus vrai pourtant : une feuille tlexible Sur les yeux de l'un d'eux en bandeau s'appliquait,
Et puis sous le cou se nouait :
Un inslanl en faisait l'alTaire.
Celui que ce ruban privait de la lumière Se plaçait au milieu ; les autres alentour
Sautaient, dansaient, faisaient merveilles,
S'éloignaient, venaient tour à tour
Tirer sa queue ou ses oreilles.
Le pauvre aveugle alors , se retournant soudain , Sans craindre pot au noir', jette au hasard la patte:
Mais la troupe échappe à la liAte', Il ne prend que au vent , il se tourmente en vain,
Il y sera jusqu'à demain.
Une taupe assez étourdie,
Qui sous terre entendit ce bruit,
Sort aussitôt de .son réduit,
Et se môle dans la partie;
Vous jugez que , n'y voyant pas.
Elle fut prise au premier pas.
€ Messieurs, dit un lapin , ce serait conscience, Et la justice veut qu'à notre pauvre sœur
Nous fassions un peu de faveur ;
Elle est sans yeux et sans défense ; Ainsi je suis d'avis..., — Non , répond avec fea
1. Kxpression proverbiale tirdc d'un jeu oh l'on risque de M s l'ir la main.
2. Hâte ne rime pas «tcc pnlie, mais rimerait fort l'icn arec pàl''. Méice eu français il Taut savoir distinguer les longues d'arec les brèvea.