‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 40 sur 160 · XX. L'Aveugle et le Paralytique · texte numérisé non relu

XX. L'Aveugle et le Paralytique

Aidons-nous mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère ;

Le bien que l'on fait à son frère Pour le mal que l'on souffre est un soulagement. Confucius' l'a dit; suivons toussa doctrine : Pour la persuader aux peuples de la Chine,

Il leur contait le trait suivant.

Dans une ville de l'Asie

11 existait deux malheureux , /

L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux. \ Ils demandaient au ciel de terminer leur vie :

Mais leurs cris étaient superflus , Ils ne pouvaient mourir. Notre paialytique , Couche sur un grabat dans la place publique, Souffrait sans être plaint ; il en souffrait bien plus*.

L'aveugle, à qui tout pouvait nuire,

Était sans guide, sans soutien,

Sans avoir même un pauvre chien

Pour l'aimer et pour le conduire.

Un certain jour il arriva Que l'aveugle, à tâtons, au détour d'une rue,

Près du malade se trouva ; Il entendit ses cris , son âme en fut émue.

Il n'est tels que les malheureux ^

Pour se plaindre les uns les autres*.

1. Confucius ou Coiifulzéc 550 av. J. C), législateur des Chinois.

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