LIVRE H, FABLE II
Répond l'avare jardinier :
Eh ! que ne dois-je pas à ce pauvre poirier
Qui m'a nourri dans sa jeunesse?
Ma femme quelquefois vient ouïr ces oiseaux; C'en est assez pour moi : qu'ils chantent en repos. Et vous, qui daignerez augmenter mon aisance , Je veux pour vous de fleurs semer tout ce canton. » Cela dit , il s'en va , sûr de sa récompense ,
Et laisse vivre le vieux tronc.
Comptez sur la reconnaissance Quand l'intérêt vous en répond '.
1. Quelle triste moralité pour cette fable si bien contée et si intéressante! Cette sèche maxime, qui vient de La Rochefoucauld, glace le cœur qui s'était ému.