XIII. Le Pliénix
Lo pliénix ", venant d'Arabie,
Dans nos bois parut un beau jour.
Grand bruil chez les oiseaux ; leur troupe réunie
Vole pour lui faire sa cour.
Chacun, l'observe, l'examine :
Son plumaù'e, sa voix, son chant mélodieux, ^
Tout est beauté, grâce divine,
Tout charme l'oreille cl les yeux.
Pour la première fois on vit céder l'envie Au besom <le louer et d'aimer son vainqueur. Le rossignol disait : « .laniais tant de douceur
N'enchanta mon âme ravie.
— Jamais, disait le paon, de plus belles couleurs
N'ont eu cet éclat que j'admire ;
^ Il éblouit mes yeux, et toujours les attire. »
Les autres répétaient ces éloiies flatteurs,
Vantaient le privilège unique De ce roi des oiseaux, de cet enfant du ciel, Qui, vieux, sur un bûcher de cèdre aromatique, Se consume lui-même, et renaît immortel. Pendant tous ces discours la seule tourterelle,
Sans rien dire, flt un soupir.
Son époux, la poussant de l'aile,
I. oiseau fabuleux qui renaissait de ses cendres tous les ceoiaBfl Cm l'emblème des siècles . qui vivent, meurent et renaissent eana interrompre la marche d'x temps.