‹ Fables de Florian (volume 3)Chapitre 74 sur 160 · LIVRE II, FABLE XX · texte numérisé non relu

LIVRE II, FABLE XX

Médite , fouille en son cerveau , Et trouve un tour tout neuf. Il va tremper dans l'eau

Sa patte dont il fait éponge.

Dans du millet en grain aussitôt il la plonge ;

Le grain s'attache tout autour.

Alors, à cloche-pied , sans bruit, par un détour,

il va gagner le champ , s'y couche

La patte en l'air et sur le dos ,

Ne Dougeant non plus qu'une souche.

Sa patte ressemblait à l'épi le plus gros • ; L'oiseau s'y méprenait; il approchait sans crainte , Venait pour becqueter : de l'autre patte, crac!

Voilà mon oiseau dans le sac.

Il en prit vingt par cette feinte.

Un moineau s'aperçoit du piège scélérat ,

Et prudemment fuit la machine ;

Mais dès ce jour il s'imagine Que chaque épi de grain était patte de chat.

Au fond de son trou solitaire

Il se retire et plus n'en sort, ,

Supporte la faim , la misère ,

Et meurt pour éviter la mort.

I. 11 est difficile de croire qu'une patte de vieux chat, même garnie de grains de mil, puisse ressembler à une tige de millet.

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