Les Singes et le Léopard
Des singes dans un bois jouaient à la main chaude;
Certaine guenon mauricaucle', Assise gravement , tenait sur ses genoux La lête de celui qui , courbant son échine,
Sur sa main recevait les coups.
On frappait fort, et puis devine 1 Il ne devinait point ; c'était alors des ris,
Des sauts, des gambades, des cris.
Attiré par le bruit du fond de sa lanière , Un jeune léopard .prince assez débonnaire , Se présente au milieu do nos singes joyeux. Tout tremble à son aspect. « Continuez vos jeux , Leur dit le léopard, je n'en veux à personne ;
Rassurez- vous , j'ai l'âme bonne; Et je viens même ici , comme particulier,
A vos plaisirs m'associer.
Jouons, je suis de la partie.
— Ah 1 monseigneur, quelle bonté !
Quoi! votre altesse veut, quittant sa dignité, Descendrejusqu'à nous ! — Oui , c'est ma fantaisie- Mon altesse eut toujours de la philosophie ,
Et sait que tous les animaux Sont égaux.
Jouons donc, mes amis, jouons, je vous en prie. » Les singes enchantés crurent à ce discours,
I. Mauresque, arricaine. Hauricaud se dit ramilièrement et en raiUerie de ceux qui onl le teint br(^*é par le soleil.