ROMANCE
Le Gd , après son hyménée , Pour les combats veut repartir ; Sa Chimène en est eonstemée , Mais n'ose pas le retenir.
Elle garde un profond siloiee, Fixe sur lui des yeux en pleurs ; Et tout à coup sa voix commence Ce chant d*amour et de douleurs :
Ah ! qu'une chaîne glorieuse I^ous prépare de cruels maux !
La villageoise est plus heureuse, Son ^oux n'est point un héros :
Si, pour aller au labourage, Cet époux la quitte au matin , Au moins le soir, après l'ouvrage , Il revient dormir dans son sein.
Paisiblement elle sommeille Sans voir en songe des combats; Si quelque chose la réveille, C'est l'enfant qu'elle a dans ses bras. Elle lui donne sa mamelle , ^-Le baise et l'endort doucement :
L'univers se borne pour elle A son époux , à son enfant.
' Cette romance est très-ancienne , et se chante en Espagne depius plo* nenrs siècles. Dans Toriglnal, les premier et dernier couplets ne sont pas rim<^sni mesurés comme les antres. Ces deux couplets sont traduits librement, mais tout ce qiie dit Chimène est à peu près littéral.