‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 114 sur 319 · IREZ DB CASTRO. 1B · texte numérisé non relu

IREZ DB CASTRO. 1B

Elle regarde, en poussant des sanglots, Ces orphelins dont le sort l'épouvante ; ï% d'une voix affaiblie et tremblante , A leur aïeul elle adresse ces mots :

Si l'on a vu plus d'un monstre sauvage Près d'un enfant oublier ses fureurs; Si l'on a vu ces oiseaux ravisseurs Qui sont toujours altérés de carnage Aimer, nourrir la mère de Ninus^ Comme l'on dit qu*une louve attendrie Avec son lait soutint la faible vie Des deux jumeaux Romulus et Rémus :

Vous, qui d'un homme avez la ressemblance (Si l'on est tel quand on prive du jour, Pour n'avoir pu résister à l'amour.

Un être faible et qu'on voit sans défense), Oserez-vous montrer tant de rigueur A ces enfants qui demandent ma vie ?

Regardez-moi ; je suis assez punie D'avoir su plaire au maître de mon cœur.

Vous qui savez d'une main triomphante.

Avec ce glaive à qui tout est soumis, Exterminer un peuple d'ennemis.

Sachez aussi sauver une innocente.

Si de don Pèdre il faut me séparer , Exilez-moi dans la froide Scythie, Dans les déserts brûlants de la Libye, Partout, hélas! où je pourrai pleurer.

Dans les rochers, loin des lieux où nous sonunes.

Chez les lions, capables d'amitié.

Je trouverai sans doute la pitié

Que je n'ai pu trouver parmi les hommes.

De mes amours ces fruits tristes et doux

Rempliront seuls mon âme désolée;

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Et de mes maux je serai consolée,

En leur voyant les traits de mon époux.

A ce discours delà tendre victime, Alphonse ému sent palpiter son cœur ; Mais les destins et le peuple en fureur Ont résolu de consommer le crime.

liCs grands, auteurs de ces afifreux complots. Le fer en main, voient sans plus attendre... Ciel ! arrêtez ! Vous, nés pour la défendre, Vous, chevaliers, vous êtes ses bourreaux I

Ainsi Pyrrhus, sur la rive troyenne.

Voulant ravir à la mère d'Hector Le seul enfant qui lui restait encor, Des bras d'Hécube arracha Polyxène.

Comme un agneau destiné pour Fautel, Elle suivit le héros sanguinaire.

Et, ne songeant qu'aux douleurs de sa mère. Sans murmurer reçut le coup mortel.

Telle est Inez ; le glaive l'a frappée : Ce sein d'albâtre, où le dieu de l'cmour Plaça son trône et fixa son séjour.

Est déchiré parla tranchante épée; Ses yeux si doux se ferment pour jamais. Les assassins, consommant leur ouvrage, I^e pensent pas, dans leur aveugle rage, Que Pèdre un jour punira leurs forfaits.

Et toi, soleil, que le coupable Atrée Fit reculer loin d'un affreux festin, Ah ! tu devais reprendre ce chemin, I.e jour qu'Inez à la mort fut livrée. Et vous, échos du paisible vallon, A qui sa voix en mourant dit encore I..e nom chéri de l'amant qu'elle adore. En longs accents répétez ce doux nom.

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Comme la fleur qui, trop tôtmoissomiée, De la beauté pare un moment le sein.

Fraîche et brillante aux rayons du matin, Et vers le soir languissante et fanée ; De même Inez , à peine en ses beaux ans, A descendu dans la nuit étemelle ; Sur son visage une pâleur mortelle A remplacées roses du printemps.

Le Mond^o, dans sa course lointainet I9'entend partout que de tristes regrets; Tout est en deuil : des nymphes des foiéts Les pleurs bientôt se changent en fontaine. Ce monument dure jusqu'à ce jour.

Dans tous les temps mille fleurs l'environnent ; Et ce beau lieu , que des myrtes couronnent , S'appelle encor la fontaine d'amour.

Inez , chargée de fers, foui le glaive des bourreaux i et s'efforçant d'ëmooToir la pitié de son Juge , ne devrait peut-être pas commencer son touchant discours en rappelant l'histoire de Sémiramis nourrie par des oiseaux de proie ( (pie prôque tout le monde ignore ). et celle de Roraulus et Rémus allaités parune louve : maiaon s*estattaché«dans tout ce morceau, k être de la plus scrupuleuse fidélité; et cette attention, qui ne peut être sentie que par ceux qui savent le portugais , les rendra peut-être plus indulgents sur les défauts de cette traduction, surtout s'ils veulent considérer qu'à la difficulté extrême de traduire en vers l'inimitable Camoens s'est joint cellf de le rendre octave par octave , et presque vers par vers.

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