‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 139 sur 319 · LIVRE m · texte numérisé non relu

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Téoliode, et les quatre bergers arrivés de Portugal pour emmener le lendemain Galatée. On frappe à la porte , les chiens aboient ; Mœris vient ouvrir lui-même. Élicio lui demande Thospitalité pour Nisida, Blanche et les deux amis. Le vieux berger , honoré de pareils hôtes , les accueille avec respect. Il appelle sa fille : il fait ajouter au souper tout ce qu'il a de meilleur ; et, les invitant à se mettre à table, il s'excuse sur ce qu'ils n'élaient pas attendus.

Pendant le repas, Galatée s'efforçait de n'être pas triste. Élicio s'était placé le plus loin qu'il avait pu des Portugais ; il les regar* dait avec colère> et ses yeux rencontraient quelquefois les yeux de Galatée. On sortit de table : tous les convives allèrent prendre le frais sur des bancs de pierre qui étaient à la porte de la maison. Le vieux Mœris voulut conter à ses hôtes le brillant mariage qu'il avait arrangé pour sa' fille : il s'étendit avec complaisance sur les richesses de son gendre , richesses que les Portugais ne manquèrent pas d'exagérer. Les deux amis et les deux sœurs se croyaient obligés de féliciter Galatée : elle ne répondait rien, et le malheureux Élicio dévorait ses larmes. Tout à coup le son funèbre d'une trompette se fait entendre dans le village.

Mœris, ses hôtes, tous les habitants alarmés, courent vers la grande place , d'où semblait venir le triste son. Ils aperçoivent quatre bergers vêtus de deuil et couronnés de cyprès : deux portaient à la main des flambeaux allumés ; les deux autres sonnaient de la trompette. Au milieu des quatre bergers était un ministre de l'Éternel , vêtu de ses habits sacerdotaux.

C'était le vénérable Salvador, le pasteur des bergers, celui qui les consolait dans leurs peines , et qui remerciait le ciel de leur bonheur. Tout le village était sa famille, tous les orphelins ses enfants ; depuis quarante années il remplissait le sublime emploi de louer Dieu et de servir les hommes.

Bergers , s'écria-t-il , c'est demain le jour choisi dans l'année pour honorer les cendres de nos frères dans la vallée des tombeaux . Songez à ce devoir sacré ; et dès l'aurore rendez-vous sur cette place, dans le triste appareil qui convient à cette touchante cérémonie.

Après avoir prononcé ces mots d'une voix forte , Salvador reprit le chemin de sa maison. Tout le monde convint de se rassembler au point du jour pour remplir une obligation si sainte. Mœris

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