‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 145 sur 319 · GALA.TÉE · texte numérisé non relu

GALA.TÉE

Te sou viens- tu de ce beau jour Où» d'un air si do^x et si tendre, Tu vins me siippuer d'entendre L'aveu de ton fidèle amour?

272 OALATBB.

Je réooutais toute honteuse; Mais le plaisir faisait battre mon cœur :

Tu me demandais ton bonlieur, Et c'était moi que tu rendais licurcnse.

ÉLICIO.

L*amitié suffisait pour embellir ma vie,

Et l'amour seul aurait Tait mon bonheur. J'obtiens tout ; je possède une amante chérie. Et mon ami devient mon bienfaiteur.

Hélas! comment pourrais-je dire Les sentiments que j'éprouve en ce jour? Heureux par l'amitié, couronné par Tamour, Mon pauvre cœur n*y peut suffire.

Il était temps de se retirer. Blanche , Nisida et Téolinde restèrent chez Galatée. Timbrio, Fabian et Élicio allèrent coucher dans la maison de Salvador. Le lendemain , avant Faurore , les quatre amants frappaient à la porte de Mœris. Timbrio et Fabian portalent déjà la panetière et la houlette. Tous les habitants , instruits dès la veille , avaient préparé pendant la nuit des fêtes plas belles que celles de Daranio. On attendit quelque temps , parce que le bon Mœris dormait encore ; mais il parut bientôt, suivi de sa fille , de Téolinde et des deux sœurs, habillées en bergères. Le bon Êrastre donna la main à Galatée , et la conduisît au temple au milieu des acclamations. Salvador unit les quatre amants » et le ciel bénit leurs mariages. Tous leurs projets s'exécutèrent ; ils furent heureux , vécurent longtemps , et s'aimèrent toujours. Leur mémoire est encore honorée dans le beau pays qu'ils habiiaieat.

FIN DE GâLATEE.

LETTRE A M. (fESSNER,

EN LUI ENTOYAKT GALATÉB. MONSIBOR,

Vos ouvrages foot le bonheur de ma vie ; et comme il est impossible que celui qui les a faits ne soit pas le meilleur des hommes, f espère qu'il me pardonnera de Timportuner d'une lettre. Depuis mon enfance, la M<n't d^Abel, Daphnis, les Idylles, le Premier Navigateur, sont toujours dans mes mains. Je dois à mes lectures tout ce que j'estime de mon cœur.

Mon admiration pour vos écrits m*a inspiré le désir de faire une pastorale. Je me suis aidé d'un fameux auteur espagnol qui avait votre génie, sans avoir votre douceur. J'ai tâché d*liabiller la Galaiée de Michel Cervantes comme vous habillez vos Chloés ; je lui ai fait chanter les chansons que vous m'avez apprises, et j'ai orné son chapeau de fleurs volées à vos bergères.

Cette passion de vous ressembler m'a valu l'indulgence du public français. J'ose vous envoyer Galatée, Allez, ma fille, lui al-je dit , allez trouver le maître de tous les bergers : vous poserez doucement votre guirlande sur sa tête, vous vous mettrez à genoux devant lui ; et quand il vous regardera en souriant , comme le bon Amyntas regardait la belle Phyllis \ vous lui direz : Je viens mettre à vos pieds le tribut de respect et d'admiration que vous doivent tous les cœurs sensibles , et que mon père a plus de plaisir à vous payer que personne.

J'ai l'honneur d'être, monsieur, avec ces sentiments, qui durei^onS autant que ma vie.

Votre très-humble, etc.

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