RÉPONSE DE M. GESSNER
MONSIECR,
Oui, j'ai reçu votre lettre si obligeante, et la Galaiée. Tout ce que je pourrais dire pour excuser le retard de ma réponse et de mes remerctments ne m'excuserait pas : m^s il est pourtant vrai qu'une in-
* Dans le charmant poème de Daphnis,
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disposition , qui m'a toormeoté presque tout Tliiver, m'avait mis dans UQC inaction entière. Le printemps vientme guérir : mon premier soin est de vous écrire.
Galatée est arrivée ; elle m'a remis la guirlande que son père m'avait destinée. Ah 1 qu'elle m'a fait passer des beures délicieuses pendant l'hiver ! Depuis le commencement des beaux jours, elle m'accompagne dans mes promenades solitaires; et les beautés de la nature me donnent la disposition de sentir doublement son prix. Quelle naïveté! quelle grâce ! quelle sensibilité dans tout ce qu'elle dit ! Espagnole d'origine, cela lui donne un air romanesque qui la rend encore plus intéressante. Si vous lui donnez des sœurs aussi aimables qu'elle, elle me sera toujours la plus chère, puisqu'elle a été la première par laquelle vous m'avez assuré de votre amitié.
J'ai l'honneur d'être, avec l'estime et l'attachement le plus tendre.
Monsieur,
Votre très-lmmble, etc.
La douceur, la grâce de cette lettre , et le nom du chantre d^Abel, doivent faire paràoaner d'avoir imprimé ces éloges , qui ne sont que des encouragements dictés par la politesse et par l'indulgence naturelle à tous les grands hommes. ( Note de Vauieur.)