LIVRE SIXIÈME
; 0 grandeur, que tu es belle .quand la vertu te rend utile 1 Qos le spectacle de l'homme puissant , occ-opé de secourir ses frères, est doux pour une àme sensible! Combien de fois j'en ai jouil combien j'ai vu d'infortunés environner en pleurant cekd qui finissait leurs peines; celui qui, né dans la pourpre royale, aban- :donne son palais pour voler à leur chaumière , pour la rétablir si elle est détruite , pour y ramener l'abondance! Je le vois tous les jours, ce mortel bienfaisant, parcourir ses immenses domaines, et choisissant , pour s'y rendre, l'instant où le pauvre a besoin de lui. Là où l'hiver est plus rigoureux , où le feu vient d'exercer son ravage , où des fleuves débordés ont emporté l'espoir du laboureur, c'est là qu'il faut sûrement l'attendre. Occupé de suivre le malheur, il arrive presque aussitôt que lui pour en effacer les
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traces. U parait, et le pauvre est riche , rinfortuné fièche ses larmes, l'opprimé rentre dans ses droits. Ost pour eux qu'il aime son rang , c'est pour eux qu'il a des richesses. Sa récompense est son bienfait même , surtout quand il reste ignoré ! Ah I que sa modestie se rassure ! mon respect et mon amour m'eu^écheront de le nommer.
Isidore et Némorin , guides par l'aimable prince qui^'intéressail à leur sort', suivaient en silence la route de son* camp, lorsque le jeune Gaston , pour les distraire de leurs maux , les entretient de leur patrie, des avantages qui la distinguent des autres États de Louis , et de cette ville célèbre où tous les ans les troubadours vont disputer l'églantine *d'or, la violette , le souci , qui sont le prix du génie. Le prince ignorait l'origine de cet usage fameux ; Némorin, pour la lui apprendre, chante la romance de Clémence Tsaure.