‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 199 sur 319 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

autre j'aurait cerné de f aimer toi-même, j'anrais repoussé ta tendresse, j'aurais cherché à te refroidir. Et , réponds-moi » as-tu jamais remarqué la moindre diminution dans mon amour pour toi , dans mon désir de tn plaire, dans mon chagrin de te quitter, dans mon plaisir de te revoir? Rappflle-toi tous les instants de ma vie : en ai-Je été un seul sans te dire, tans te répéter, sans te prouver que je t'adore? Ton cœur peut-ii m*accuser...?

Ableq. Il n*est pas question de mon cœur : Il ne vous accusera jamais. La vieille habitude qu'il a de vous croire fait qu'il me parle toujours pour vous... Mais je ne l'écoute pas. Voilà la lettre qui vous condamne; celte lettre est de M. Lélio; M. Lélio vous aime; vous vous cachez de moi pour aller voir M. Lélio : tout cela est clair. .. Et, tenez , M. Pandolfe lui-ménrie, à qui je viens de tout raconter, parce que je ne peux pas garder mes chagrins, moi; H. Pandolfeaélé plus affligé que surpris, il m*a dit que M. Lélio s'amusait à être Tamoureux de toutes les femmes qu'il voyait. Car il ne faut pas que vous vous imaginiez être la seule ({ue Bf. Léilo adore : il se moque de vous tout comme des autres. Il en aime peut-être dix dans ce moment-ci ; et cette lettre-là a servi pour une douzaine. Sans aller plus loin , M- Pandolfe m*a dit qu*il avait un peu tourné la tète à mademoiselle Roaaiba.

ABGENT. Et VOUS pensez que j'anrais été capable d'enlever un amant k mademoiselle Rosalba , à ma bienfaitrice, à celle à qui je dois tout! Vom imaginez que j'aurais sacrifié ma tendresse pour toi , mon bonheur, mon repos, pour avoir le plaisir de chagriner mademoiselle Rosaiba! Non, mon ami , l'amitié seule m*aurait défendue : mais je Tétais assez par mon ;.mour, qui est aussi vif, aussi tendre qu'an premier jour de notre mariage. Il est possible qu'une fenmie trompe son époux, mais elle ne peut pa3 tromper son amant : Famour est une sauve garde encore plus sûre que ia vertu. Mon ami, je suis innocente, puisque je t'aime, puisque je Vadore, puisque je préfère la mort à ton indifférence... Réponds-moi... A quoi penses-tu?

Ableq., la regardant. Je pense qu'il serait bien dommage que la fau§seté eût ce visage-là.

ABGENT. Livre-toi au mouvement de ton cœur; reviens à moi, reviens k celle qui n*a pas cessé d'être à toi. Je ne me relevé pas que tu ne m*aiei pardonné. {Bile tombe à se» genoux; les deux enfants accourent ^ et se mettent aussi à ses genoux. )

Les E?iF. Ah! mon papa, pardonnez à notre maman !

(arlequin t ému, relève sa femmes et se met à genoux*)

Ableq. C'est à toi de me pardonner d'avoir pu te croire coupable.

Les ENF., à leur mère. Ah ! maman , pardonnez à notre papa !

ABGENT. {Elle Vcmhrasse,) Enfin, me voilà heureuse! Mon ami, jeté promets qu*il ne te restera pas le moindre nuage; je jure que tout sera éclaire!.. .

Ableq. Tout Pest, puisque tu m'as embrassé.

(il remet dans son sac tout ce quHl en avait été.)

Abgbnt. Non, mon ami; j'exige de toi que tu ne me quittes pas une seule minute jusqu'au moment de ma justification... Mais voici made» moiselle Roealba. Comme elle est agitée! Eh ! mademoiselle qu'allez-vous nous apprendre?

iLOIUàK.

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