‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 207 sur 319 · CLÉANTE, NÉRINE · texte numérisé non relu

CLÉANTE, NÉRINE

NÉB. M. Arlequin parait enchanté de vous, tant mieux : contimiez à TOUS en faire aimer. Ou je me trompe fort , ou sa fille pourrait bien lui en donner l'exemple.

Cléa. Et snr quoi juges-tu... ?

NÉB. Sur ce que je viens de voir. Vous souvenez-vous de cette chanson si tendre que vous fîtes il y a un mois, que M. Arlequin trouva charmante, et sur laquelle mademoiselle Nisida ne dit pas un seul mot?

Cléa. Oui: eh bien?

NÉB. Tout à l'heure j*ai été par hasard jusques à la porte du cabinet de mademoiselle Nisida; elle y était enfermée. J'ai entendu sa guitare, j'ai écouté : elle chantait votre chanson , tout doucement, à demi-voix, mais avec un accent bien tendre, et qui prouvait qu'elle y prenait plaisir. Monsieur, quand les auteurs nous sont indifférents , on n'a pas peur de louer leurs ouvrages, et l'on ne va pas s'enfermer pour chanter tout bas leur» chansons.

Cléa. Voilà une belle preuve !

NÉB. Plus claire que vous ne pensez... Mais la voici : allons , tâchez de lui parler, de lui faire entendre que vous l'aimez. Vous avez de l'cspnt avec tout le monde , excepté avec elle.

c LÉA. C'est que je n'ai de l'amour que pour elle.

NÉB. La voilà : du courage ! je vous aiderai tant que je pourrai.

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