‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 215 sur 319 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

GLÉANTE, NÉRINE.

NÉB. Que s'est-il donc passé ? M. Arlequin vient de rentrer chez lui tout en larmes , et il m'a dit de venir vous consoler.

Cléa. Il m'a ordonné de quitter sa maison dès ce moment, m'a em* brassé . m'a juré une éternelle amitié , et m'a défendu de reparaître.

NcR. Je n'y comprends rien. Et qu'allez-vous faire?

CLÉA. Obéir, Nérine. Je n*y*survivrai pas; mais je partirai. Ah! du moins puis-je compter que tu parleras quelquefois de moi à ta maltresse? Tu connais mon cœur, tu pourras lui réptmdre que jamais on ne l'aimeni comme je l'aime; tu lui raconteras tout ce que j'ai fait, tout ce que j'ai pensé, tout ce que j'ai souffert pour elle : peut-être donnerart*elle quelques larmes à mon sort.

NÉR.* pleurant. Hélas I que nous sommes malheureux! D'abord tous pouvez compter sur moi jusqu'à la mort

Clé\. Tu es la seule dans le monde qui se soit intéressée à moi. Un de mes plus grands malheurs , c'est de ne pouvoir reconnaître ton amitié : prends du moins ce diamant ; c'est le seul bien que m'a laissé ma mère , le seul dont je puis disposer ; jamais il ne m'a été si cher que dans oe moment, où je peux te l'offrir.

NÉB. Eh î monsieur, je n'ai pas besoin de diamant, et j'ai besoin de vous voir heureux. Ne vous en allez pas; dites qui vous êtes : que risquez-vous? Tout est perdu, vous n'avez rien à ménager.

Cléa. Si je me dé<^ouvre, Nérine, crois-tu que Nisida et son père me pardonnent de m'être Introduit ici? Ils m'accableront de leur colère, au lieu que j'emporte peut-être leur pitié* Cependant..

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