SCÈNE III
MATHDRINE, DUVAL, LCCETTE.
Dov., cPun Ion trèa-fat Oui, mademoiselle. ( A Mathurhie. ) Madame , j'ai l'honneur de vous présenter mon respect. ( J Lttcetie» ) Depuis que vous m'avez permis de vous offrir des fleurs , elles viennent d'ellefl-inèmei dans le jardin de mon oncle.
Luc. Vous êtes bien honnête , monsieur Duval.
Math., à part. Ces fleurs-là vont détruire mon ouvrage.
Duv. J'espère que madame MSithurine me permettra bien de faire deux parts de mon bouquet. Je mettrai d'un côté les roses pour la mère , et de l'antre les boutons pour la tille : chacun aura ce qui lut ressemble. Quoique en vérité, quand vous èté^ auprès l'une de l'autre, je vous prends toujours pour les deux sœurs, et j'ai de la peine à distinguer l'atnée.
4âS LA BONHB MERS.
Loc. Mamtire, entendez-y oos?
Math. Tenez, monsieur DuYaJ, vous croyez me faûre on compliment, •t vous vous trompez. Je serais liien fâchée d'être sa sœm*, car Je ne serais plus sa mère ; «t Je ne connais pas dans le monde mi-nom plus doux, ni un plus bel état
Dov. En ce cas, les rotes tous appartiennent. ( li chante à Malburime. )
Sa approchant de tms ces fleuri • Voua allez ternir leurs cooleors.
Bien moins brUlanles que les vôtres.
A LuceiU.
Ces tendres boutons s'ouvriront.
Quand sur votre sein Us seront Accompagnés de quelques autres.
LCG. Eh bien ! ma mère, a-t-il de Tesprit?
Dov. A propos, madame Mathurine, mon oncle m*a chargé de vous dire qu'il avait trouvé , dans de vieux papiers, un titre par lequel vous avez des droits certains sur les biens d'un nommé Arlequin , un paysan de ce village; une espèce d'imbécile, à ce qu*on dit Mon oncle vous offre de commencer le procès , et vous répond de le gagner.
Hàth. Monsieur votre oncle a bien de la bonté.
Ddv. Cela vaut la peine d'y penser. ( J Lucetie. ) Vous ne savez pas ce qui m*est arrivé ce matin ?
LuG Non.
Diiv. J'ai reçu une lettre fort tendre de la fille de ce gros paysan... comment Tappelez-vous donc?... qui a rbonnenr de vous appartenir.
Luc. Qui? mon oncle Thomas ?
Duv. Justement Sa fille , qui n'est pas trop mal , en vérité , m'écrit qu'elle m'adore ; que mon amour pour vous la fait mourir de chagrin : qu'elle est fille unique et fort riche ; qu'elle s'estimera la pins heurense des femmes si je yeux bien... ( Il s'aperçoit que Mathttrine Fécovte, et il s'interrompt pour lui dire ; ) Mon oncle m'a recommandé de vous dire , au sujet de ce Utre , que son frère , procureur à Paris , vous servira de tout son cceur. Et c'est un homme sur lequel on peut comptCT, un homme du plus grand mérite : il a ruiné plus de vingt familles, avec bien moins de moyens que ce titre-là n'en fournit
Math. Oh ! je le crois.
Dot. Je vous conseille de vous en occuper. ( ji Lucette. ) J'ai répondu que mon coeur était pris ; que je la plaignais de toute mon Ame , mais que J'avais d^à l'habitua de vous faire des sacrifices, puisqu^enfin vous seule m'empêchiez de retourner à Paris , où cinq on six femmes de la première volée sont malades de mon absence... (A Mathurine. ) Que fandra-t-il dire à mon oncle?
Màth. Tous le remercierez de ma part, et tous lui direz qu'avant U»tes choses je serais bien aise de voir le titre dont il s'agit. Si yous yooIcz me l'apporter tantôt, nous en raisounerofts ensemble.
Duv. Écoutez, c'est aujourd hui dimanche : tout le monde est dé^ assemblé sur la place pour danser ; je vais y naener mademoiselle Looette, et de là je cours chercher le titre, que Je vhns apporte dans Finslant
Luc. Mais vous reviendrez danser après ?
SCiSNE V. 4&9
Duv., à demi-voix. N'en doutez pas. ( Haut.) Hadetnoifelle, il faut qu« les affaires marchent avant les plaisirs : mais on peut tout arranger en s'y prenant bien.
Math . Je vais vous attendre Ici.
Luc., à m Mère. Comme il est raisonnable pour son âge , et comme il est poli !
Duv. Eh bien ! venez vous sur la place? Je suis sûr que tout le momie vous désire. ( Il chante, )
AUoos danser sous ses ormeaux ; Venez , venez , belle Lucette ; Allons danser sons ses ormeaux , J'entends déjà les chalumeaux.
« A tous les jeux que l'on apprête Vous seule donnez des appias :
St l'on ne tous y voyait pas , .
Dimanche ne serait point fêle.
Loc, à Mathurine. Comme il est aimable! Oh! ma mère , me voilà dé« ddée; et vous n'avez qu'à dtare à l'autre de prendre son parti. ( Lucette donne le fmu à Duval, et ils s* en vont en chantant : )
Allons danser sons ces ormeaux ; Venez , venez , belle Lucette ; Allons danser sous ces ormeaux .
J'entends déjà les chalumeaux.
( Us sortent. )