ARLEQUIN, LUCETTE
Ableq. Comment! vous me promettez de ne plus danser avec M. Duval, et vous allez vous marier avec lui !
Luc Mon ami , Je te réponds , Je te jure que Je l'ignore, que ma mère ne m*en a pas parlé , et que rien au monde ne pourra m'y faire consentir.
Ahleq. Je vous crois, Lucette, Je vous croirai toujours : voilà pouraoi ce serait bien mal à vous de me tromper. Mais lisez voire lettre; que e ne vous gêne pas.
Luc. Non , mon ami , c*est à toi de la lire , c'est k toi d'en faire tout ce que tu voudras.
Ableq. Point du tout ; elle n*est pas pour moi . ..
Luc. Elle est pour toi, puisqu'elle me regarde. Je ne puis ni ne veux avoir de secret pour le maître de mon cœur : prends cette lettre, lis, et ne te fâche pas des expressions de tendresse qu'elle contient. Duval croit m'épouser, il m'adore, il parle sûrement de son bonheur avec toute la vivacité de son amour t pardonne-le-lui ^ mon ami , et soin bien sûr que plus cette lettre est tendre, plus j'ai de plaisir à te la sacriher.
Ableq. Allons, voyons donc, puisque vous le voulez... Cela me fait pourtant un peu de peine ; je n'aime pas à entendre dire par un autre ce que Je voudrais penser et dire tout seul. Mais allons, il faut s'y résoudre.
468 L4 BONIVB MÈBI.
quad oe ne leiail qoe pour mf ostiuire, et voir on pea a^ec «ikUci «loneeon M. Durai tooroe ii Men la tète an Jemies filles
( // ouvre et UL ) i Mademoiselle,
« J'ai été poli et galant arec vous comme je le suit arec toutes la km- « mes , et voiu avez pris cette galantiTle pour de l'amour. Xen nb d'au- « tant plus fâché , que vous m'avez offert votre cœur, et qn*il m'est impos- « sible de Taccepler, puisque le mien ert tout entier à celle à qui je vais • m'unir. Dot al. •
^ Luc., riant. Ctui toi qui t'amuses à faire cette lettre-U?
Ableq. Uoi? Je n*ai jamais fait ni écrit de pareilles impertfammi: jt *lis ce qu'il y a.
Luc. prend la lettre. Cela n*est pas posrible.
Ablbq. Voyez vous-même.
Luc., oprè» avoir lu. Ah! le traître! Mon and, nem*accalile |HB;jt n*avals pas encore reçu cette lettre ; je ne m'attendais pas a la reoevoÉ', quand je f ai rendu mon amour . quand je t'ai dit*.
ABLEQ. Ne parlons plus de rien, Luoette. Si ta faute n'avait pas été punie , J aurais pu te la rappeler quelquefois pour te faire enra^rr; unis après celte lettre-ci, je médterais que tu m'onbtiasses tout à £iit si je pouvais m'en souvenir un seul moment ( Il déchire la lettre,) Parfajusde notre mariage. Je t'aime plus que jamais ; Je ne t'ai Jamais si jolie qu'aujourd'hui; et tout mon bonheur, toute ma confiance, ma gaieté, sont revenus dans mon ccrar.
Ldc. Ah! mon cher Arlequin , combien je sens ton procédé !...
Ableq. Ne sens que ma^oie, c'est tout ce que Je demandr, et onMie à Jamais tout ce qui n'e»t pas ta mère ou moi... Mais voici madame Matiiurine avec monsieur le tabellion , et... toujours ce monaenr.
SCÉLNE XII.