SCÈNE X
ARLEQUIN, LUCETTE, un valet de ferme.
Le vUta, une lettre à la main, Nademoiselie, voici un billet (jue M. Durai m'a chargé de vous remettre.
Luc. Je n'en ai que faire ; vous pouvez le lui reporter.
Le val. Ob ! je m'en garderai bien , M. Duval me gronderait; il m*a dit de vous le donner, le voilà* U faut que Je m'accoutume à obéir à M. Duval ; à présent qu'il va être le gendre de madame Mattmiine , il nous ferait enrager tout à son aise.
Arleq. Que parles-tu de gendre de madame Mathurine ?
Le val. Je dis ce qui est vrai : que H. Dnvai va épouser roademoiseUe Lucette.
Ableq. m. Duval va épouser Lucette î Qui t'a dit cela?
Le VAL. Je lésais bien peut-être, puistiue J'ai ordre d'aller chercher monsieur le tabellion pour le contrat de mariage , et d'amener en même temps les ménétriers. Ifadame Mathurine flùi là une sottise : si elle m'avait consulté, Je lui aurais dit de voua donner plutôt sa fille ; car, en vérité, quoique vous soyez un petit peu innocent, je vous aimerais cent fois mieux pour maître que ce petit freluquet. Mais Je perds mon temps à babiller; vous avez votre lettre , bonsoir. Dieu vous maintienne en Joie!
( Il s'en va. )