MARCELLE, FIRMIN
FiBM., à pari. Il est fâché contre moi. Tout se réunit pour m'accabier.
Marc. Plus j'y pense , mon cher ami , plus je suis étonnée de la bonne nouvelle que tu es venu m'annoncer. Comment est-il possible que M. Giraut se soit montré généreux?
FiRM. C'est un bonheur qui m'a étonné moi-même. Mais il s'agissait de vous, de votre repos, de votre liberté ; et ma tendresse, ma crainte, ma douleur, m'ont fait si bien parler, m'ont rendu si pressant, que M. G*. raut n'a pu résister. Nous sommes convenus de quelques arrangements qui Tont satisfait, et il ne doit pas tarder à vous apporter votre quittance.
Marc. La joie que j'éprouve, mon cher fils, est doublée parle plaisir de t'en avoir l'obligation , et je te la dois tout entière. Sans toi , sans toi seul , je perdais ma liberté; et , je te crains pas de te l'avouer à présent qne le péril est passé, j'aurais aussi perdu la vie; car je n'aurais jamais consenti que tu me suivisses en prison : et tu juges bien qu'à mon âge, accablée comme je le suis par les ans, par les inffrmilés , je n'aurais pu supporter une prison où je n'aurais plus vu mon fils. Non , mon enfant, je serais morte à l'instant où l'on nous aurait séparés. Et c'est toi qui m'as sauvée! c'est à toi que je dois la vie! Je sens qu'elle m'en est plus chère;