‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 263 sur 319 · ABLEQUIN MAÎTRE DE MAISON · texte numérisé non relu

ABLEQUIN MAÎTRE DE MAISON

monde ; il nous traite comme ses enfants, et c'est toqiocmnoiis qni noosson- ▼enons avant lui qu'il est notre maître. Il fait beaucoup de hien, |>arce que c'est là son grand moyen de s'amuser. Ses amis lui reprdcheiit d'être trt^ géDéreux : mais il dit qu'il n'aime Tardent que parce que cela se donne. Il est toujours de bonne liumeur ; rire et donner, voilà sa vie. Enfin, monsieur, ses domestiques sont heureux de le servir , net amis de le connaître; et lui n'est heureux que du bonheur de tout ce monde-là.

Li CBBY. Le portrait que vous en faites est d'un iMmime d'esprit et d'un bon serviteur.

La Bbik. Monstenr, quand on est bon serviteur, on a toujours de l'esprit eu parlant de son maître.

Le chev. Vous savez sûrement par quel hasard il possède mie fortune si conaidi^able?

La Bbib. Comment; regardez -vous comme on hasard qu'mi homme de liien soit fort riche?

Le chev. Non , assurément ; mais je sais que M. Arlequin n'était pas né dans la classe des gens riches , et l'on dit que c'est par un testament qu'il se trouve dans l'opulence.

La Bbib. On dit vrai, et il ne s'en cache pas. M. Arlequin était on pauvre bourgeois de Bergame , lorsqu^un certain monsieur le comte de Valcourt > qui voyageait en Italie , fit connaissance avec lui , le prit en amitié, et l'engagea à venir passer quelque temps en France. Jà. Arieqoin le suivit ( et, six mois après leur arrivée à Paris, M. le comte de Valcoort est mort, et a laissé tout son bien à AL Arlequin, qui en fait un excellent usage.

Le CHBV. Voilà ce dont je voulais être sûr. Etavez-vous appartenu à ce comte de Valcourt?

La Bbib. Oui, monsieur; j'ai été longtemps son domestique.

Le chev. Dites-moi , ne lui avez>vous jamais entendu parler de ses parents ? et n'a-t-il pas eu quelque scn^)ule de laisser toute sa Nicœssîon à •m héritier, de piéférence à sa famille ?

Là Bbib. Ah 1 je vous réponds que ce scrupule Fa peu toormenlé. Je Tai entendu quelquefois parler de cette famille.

Le chev. Eh bien! que disait-il?

Li Bbib. Il en disait le diable, et il avait raison, parce que tons ses parents se sont fort mal conduits avec lui. An reste, il ne s'est jamais expliiftié avec nous sur tons les mauvais tours qu'ils lui ont joués; mais nous )>énissons Dieu de ce qu'il a eu l'esprit de donner tout son bien à no homme qui l'aimait véritablement, et que nous aimons tous.

Lm chev., à part. Il n'y a rien à répondre. Croyez-vous que M* Aileqnin tarde à revenir ?

La Bbie. Oh ! oni ; il est parti ce matin pour aller sur la route dltaKe au-devant de sa fenrnie , qui doit arriver aqjourd'hui ; et il nous a dit qu'il irait toujours jusqu'à ce qu'il Teût rencontrée. Ainsi, fjeut-étre ne revieodra-t-il que demain avec elle; peut-être aussi reviêndra-t il oe soir. Si monsieur est pressé de lui parler, il n'a qu'à se donner b peine de re- IKMser vers les neuf heures.

IJÊ chev., tirant sa montre. Il n*est que six heures, je repasserai ; vous voudrez bien lui dire qu'un officier, parent de quelqu'un qui l'a beaucoup aitné , est venn pour causer avec lui d'affaires trè»-inléres8antes.

La Brie. Un officier, parent de quelqu'un qni a beaucoup aimé H. Arleqiiîn ? Monsieur, il y a nne fnrande quantité de personnes qui l'ont beaucoup aimé. Ainsi , si vous vouliez dire votre nom, cela serait plus sûr.

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