‹ Fables de Florian (volume 4)Chapitre 272 sur 319 · G ABLBQUIN MAÎTRE DE MAISON · texte numérisé non relu

G ABLBQUIN MAÎTRE DE MAISON

mente par tout le corps? Tow êtes excellents , messieon qui Touft portez bien , vous ne voulez pas croire aux maladies : mais je voiûirais tous voir mes suffocations , mon bémoptysiet mes battements à la céliaqne, à la mésentériqne supérieure, ou à l'aorte ; car enfin mon pouls est quelqueCcMs si petit , qu il est effacé dans quelques paroxysmes: et vous ne voulez pasqoe Je sois malade J Et je vous dis , messieurs, que je me meurs. Je le sais peutêtre.

Argent., à part^ à Arlequin. Ah ! mon ami, c'est un médecin que cette femme-là I

h\ COUT. Que dit madame?

Argent. Je suis surprise du prodigieux usage que vous avez des mots consacrés à la médecine.

Li COMT. Eh! madame, c'est le fruit de mes souffrances; c'est la donleur qui m*a rendue savante bien pïva que l'étude : je n*en souffre pas mofais , mais j*ai le plaisir de savoir le siège et la cause de mes maux. Par exemple, mes vapeurs, je sais à merveille leur origine; je suis convaincue que, si l'on pouvait guérir le racornissement et l'éréthisme de mes nerfs, je n'aurais plus de vapeurs ; c'est cet éréthisme qui est cause de tout ; j'en ai la preuve trop claire dans la cardialgie , les borborygmes et les coliques que j'éprouve : enfin mes méninges sont affectées , j'ai des suffocations au diaphragme , des palpitations au péricarde; en un mot, je'souffre de partout ; je suis quelquefois dans une atonie affreuse, je sens des emphysèmes douloureux ; j*ai beau employer les carminatifs. Madame, si vous voulez que je vous parle vrai , je crains d'avoir une tympanite.

ABLlBQ. Oh ! il faut espérer que non, madame la comtesse. Qu'est-ce que c'est qu'une tympanite?

L4 COMT. C'est une hydropisie venteuse.

Dumv. Madame, il est bien malheureux pour les lettres que vos souffrances vous empêchent de vous y livrer , vous étiez née pour faire on grand chemin ; et les premiers vers que vous me fîtes l'honneur de me montra indiquaient un talent bien marqué pour la poésie.

La COMT. Ah , ah ! vous vous en souvenez , monsieur Durval ?

Doav. Sûrement , madame ; et je regrette tous les jours que vous m vous livriez pas au travaiL

AB6SNT. Il est difficile de travailler quand on souffre.

ABLBQ. Oh! cela doit être; car moi, qui me porte bien, j'ai voulu faire une ode rautrejoar;je n'ai jamais pu seulement trouver le premier couplet.

La roMT. Malgré mes maux, je fais quelque chose dans ce moment-d, et même un ouvrage de longue haleine.

DUBV. Peut -on vous demander ce que c'est?

La COMT. Du poème épique.

ABGENT. Qu'est-ce que c'est que cela?

Ablbq. T a-t il un siget à ce poëme-la?

La COMT. Sans doute.

DcBV. Ce serait une indiscrétion que de demander... ?

La COMT. Vous voulez que je vous le lise , je vois bien cela. Quoique je sois mourante et que je souffre beaucoup de l'abdomen, je vais vous en montrer un morceau , à condition que vous me direz franchement ce que vous en pensez : car si vous me flattez , je vous pnMnets de ne pas achever.

Abobsit. , à pari. Je sens que je la flatterai.

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